CHERS  AMIS
 
   

               Chers amis,

          Je vous prie de m'excuser si à la veille du début de la saison 1969-1970, j'ai la faiblesse de jeter un dernier regard sur la saison écoulée que je qualifierai de "saison des occasions perdues".

          Cette année qui nous a donné tant de joies, se ter mine de façon décevante! Bien sûr, il y a à notre passif deux journées particulièrement néfastes. Notre première défaite en championnat, en finale de Côte Basque devant Puyoo et ce match incompréhensible à Aguiléra contre Bizanos futur champion de France! Malgré tout notre saison a été particulièrement brillante et de haute lutte, sur les terrains, nous avions gagné notre place en 3e division.

          Hélas! Des puissances occultes nous ont barré la route de la montée! Il est bon cependant, que tous nos amis sachent que nous avons fait tout notre possible pour défendre les intérêts de notre club!

          Nous nous sommes heurtés à une montagne! Nous n'avons jamais eu d'interlocuteurs valables! A l'heure où j'écris ces lignes, j'ignore tout des faits qui se sont passés dans les coulisses. Les renseignements que nous pouvons avoir, non contrôlés, sont parfois contradictoires, aussi n'en ferai-je pas état. Mais je suis certain qu'un jour nous saurons toute la vérité et ce jour là nous ferons tomber les masques!

          Dès que nous avons eu vent de certaines tractations, nous avons adressé le 25 avril 1969 une première lettre à M. le Secrétaire Général de la Fédération Française de rugby, 7, rue Cité d'Antin, Paris 9e. Copie de cette lettre a été adressée à tous les principaux dirigeants de la F.F.R., du Comité de Côte Basque et aux Présidents des principaux dirigeants de la F.F.R., du Comité de Côte Basque et aux Présidents des principaux clubs intéressés par le projet Bédouret ! Nous avons reçu des encouragements mais une seule réponse écrite, celle de M. Bernard Marie, député des Basses-Pyrénées, lettre passe-partout de parlementaire bien élevé. Nous n'avons cependant aucun écho ni à plus forte raison aucune preuve d'une intervention effective en faveur de notre thèse.

          Le même jour nous écrivions à M. Dassé, Président du Comité de Côte Basque de rugby. Ci-après copies de ces deux lettres.

ASSOCIATION SPORTIVE BAYONNAISE
Siège Social: Trinquet Saint-André
BAYONNE - Tél. 25.18.69

 

Le 25 avril 1969.

Monsieur le Secrétaire Général de la Fédération Française de Rugby 7, rue Cité d'Antin PARIS (9')

          Les informations qui nous parviennent par l'intermédiaire de Membres du Comité de Côte basque au regard de la mise en place du projet BEDOURET nous conduisent à protester avec la plus vive énergie contre la formule vers laquelle on semble s'orienter pour la désignation des quarante-huit clubs qui iront grossir, la saison prochaine, les rangs de la Troisième Division.

          Les objectifs du projet BEDOURET nous paraissent fort louables. L'augmentation du nombre de clubs liée à une régionalisation du Championnat de la catégorie semblent, en effet, de nature à permettre une relance du rugby dans certaines régions déshéritées et surtout une diminution sensible des frais de déplacement.

          Une troisième division plus étoffée constituera indéniablement un pôle d'attraction propre à accroître l'émulation entre les petits clubs, cellules vivantes de la Fédération.

          A l'heure présente, seuls huit clubs ont officiellement droit d'accès à la Troisième Division. Ce sont le huit qualifiés pour les quarts de finale du Championnat d'Honneur.

           Pour la désignation des quarante clubs supplémentaires, il nous apparaît que la seule formule à adopter devrait être celle qui a été prévue par le promoteur du projet lui même, ainsi qu'il l'expose dans sa lettre du 13 février 1969 que nous nous permettons de reproduire ci-après:

          - A la suite de ma récente circulaire, j'ai été interrogé par plusieurs comités sur l'ordre d'accession des Clubs d'Honneur, au départ de la nouvelle formule proposée. Rien n'ayant encore été définitivement arrêté, je ne puis vous donner que ma propre opinion. Il nous avait semblé logique de laisser sur ce point, à chaque Comité différemment placé, une certaine autonomie quant à son sens particulier de propagande régionale, mais il paraîtrait assez normal, en ce que cela rejoint, en partie les normes antérieures, de déterminer cette accession :

          1°) Le classement qu'ils obtiendront dans les phases finales du championnat d'Honneur Fédéral.

          2°) Puis, ensuite, le cas échéant, prendre l'ordre de leur classement dans leur championnat régional.
           C'est, pour ma part, ce que je compte faire dans mon Comité. Monsieur BEDOURET préconise donc de retenir en priorité les clubs qui auront le meilleur classement dans les phases finales du Championnat Honneur, procédé qui, sur le plan sportif, nous paraît le seul acceptable.

          Or, il résulterait des conversations qui se sont engagées à cet égard à l'échelon fédéral que cette désignation s'effectuerait de tout autre façon. Le système que l'on désire utiliser consisterait à qualifier les trente-deux premiers clubs du Championnat de France Honneur puis à attribuer les seize places supplémentaires aux Champions des Comités Régionaux.
           Cette méthode ambiguë aurait pour résultat au sein d'un même Comité, de qualifier un club figurant de la 65' à la 8O' place du Championnat Honneur au détriment d'un autre classé de la 33' à la 48' place.
          D'autre part, le découpage prévu par le projet subirait des modifications et la Côte Basque, par exemple, qui s'était vue attribuer cinq places en perdrait une au profit du Béarn.

          Cette dernière décision est d'autant plus inexplicable que le Comité de Côte Basque est sans conteste celui qui peut présenter, dans son' secteur géographique, oies plus bel les lettres de noblesse et le seul, en particulier, à aligner 6 équipes en Division Nationale. Lui enlever, en le sclérosant à la base, les moyens d'augmenter son potentiel est d'une injustice sportive révoltante.

          Le cumul de ces deux prises de positions aberrantes à tous points de vue, conduirait à évincer notre Société qui a terminé à la deuxième place ex-aequo sa Poule de Cinq du Championnat Honneur au profit du Champion du Comité Régional classé quatrième dans sa propre Poule.

          C'est la raison pour laquelle, nous nous élevons avec vigueur contre la ligne de conduite que l'on s'apprête à suivre pour constituer la 3e Division de l'an prochain et nous demandons tout simplement l'acceptation pure et simple du projet BEDOURET dans son intégralité.

          En dehors de l'adoption du projet dans ces conditions, la seule solution inattaquable sur le plan sportif serait d'accepter l'accession des quarante-huit premiers classés du Championnat de France Honneur et de constituer les sec­teurs géographiques à partir des clubs qualifiés.

           Nous espérons fermement que notre protestation sera entendue et nous vous remercions par avance de l'accueil que vous voudrez bien lui réserver.

          Nous vous prions de croire, Monsieur le Secrétaire Général, à l'assurance de nos meilleurs sentiments.
Le Président:
Charles DUCASSE.

P. S. - A toutes fins utiles, nous nous permettons de joindre en annexe, un projet de qualification et de fonctionnement du Championnat de 3' Division, qui outre sa simplicité, nous paraît sauvegarder les règles de la logique sportive.

 

             PROJET DE QUALIFICATION ET DE FONCTIONNEMENT DU CHAMPIONNAT DE 3e DIVISION
          - La répartition des 128 clubs par secteurs de 4 Poules, avec un nombre de clubs prédéterminés, par Comités Régionaux, nous paraît une pure hérésie, tant sur le plan sportif, que sur le plan de la justice de la logique.

          L'attribution de ces places supplémentaires (48) devrait se faire dans l'ordre du mérite et non suivant une formule mixte qui ne peut que léser certains Comités qui se trouve­ront pénalisés du fait de la « richesse» de leurs clubs des trois premières Divisions.

          D'autre part, dans le futur, dans ces mêmes Comités, l'accession des clubs d'Honneur en 3e Division sera pratiquement impossible pour peu qu'un ou plusieurs clubs de ce même Comité, laissés en Deuxième Division, soient reléguables, le nombre des places réservées aux comités étant fixé d'avance et ne pouvant pas subir de modification.

          En conséquence, nous pensons que la seule formule apportant toutes les garanties de justice, de sportivité et qui, d'autre part, ne peut soulever aucune objection de la part de quiconque est d'une simplicité enfantine.

          1°) Les 48 clubs appelés en 3e Division étant désignés dans l'ordre du mérite donné par le Classement du Championnat de France d'Honneur 1968-1969.

          2°) La répartition des 128 clubs se faisant en 16 Poules géographiques.  

           3°) Répartition par secteurs de groupes géographiques de 4 Poules.

          4°) La nouvelle 3' Division, comprenant 16 Poules, on peut admettre que le dernier de chaque Poule cèdera sa place, à l'issue de la saison, aux 16 Clubs de Division d'Honneur qualifiés pour les 8em de Finale.

           5°) Les deux clubs de chaque secteur, classés pour les quarts de finale de la 3e Division accédant en Deuxième Division, remplaçant les reléguables de cette Division.

          Les 48 clubs ainsi promus à la Division Supérieure, soit les trois premiers des 16 Poules du Championnat de France Honneur, qui ont été constituées géographiquement, auront de plus l'avantage de ne pas perturber outre mesure les secteurs géographiques primitivement prévus dans le projet initial.
________

Association Sportive Bayonnaise

25 avril 1969. Monsieur DASSE René,

Président du Comité de Côte Basque de Rugby Rue G.Chaulet,

40 DAX

 

          Monsieur le Président,

          Les échos et commentaires, émanant de source autorisée, qui nous parviennent en ce qui concerne la mise en place du projet « BEDOURET » dont la principale caractéristique est, nous nous permettons de vous le rappeler, de porter à 128 clubs l'effectif de la 3' Division, nous ont conduit à adresser à Monsieur le Secrétaire Général de la Fédération Française de Rugby, une' protestation contré la formule de qualification vers laquelle on semblerait se diriger.

          Nous avons l'honneur de vous communiquer une copie de cette lettre et nous prenons la liberté de vous demander de soutenir avec votre énergie coutumière, le point de vue de notre Société dont la situation, en l'occurrence, nous paraît s'apparenter, à bien des égards, à celle du Comité. Nous nous permettons de souligner, en effet qu'au titre de la saison 1967-1968, le nombre des participants du Championnat Honneur a été porté de 64 à 80 Clubs.

          Le Comité de Côte Basque devait bénéficier d'une des seize places supplémentaires et en avait d'ailleurs informé ses adhérents. Pour des raisons que nous ignorons, ce gain lui était refusé et la manne fédérale prodiguait ses bienfaits ailleurs.

          Le projet BEDOURET, quant à lui, attribue au Comité de Côte Basque, cinq places en 3' Division. Or, il ressortirait des pourparlers que cette attribution serait réduite à quatre, nouvelle amputation au détriment de notre Comité et dont la victime directe est, cette fois, L'ASSOCIATION SPORTIVE BAYONNAISE.

          Ces deux mesures successives à l'encontre de notre Comité nous paraissent d'autant plus injustifiées que nous n'avons pas le sentiment qu'il ait démérité en quelque point que ce soit, tant sur le plan de la représentativité que sur celui de la valeur sportive.

          Il est, en particulier, le seul dans le secteur géographique qui lui a été assigné par le projet BEDOURET à aligner six équipes en Division Nationale, dont une qui vous est particulièrement chère et qui est en bonne voie d'atteindre cette saison la consécration suprême, ce que nous souhaitons de tout cœur.

          Le nombre de ses Champions de France et finalistes la saison passée semble constituer d'autre part, à notre avis, le meilleur garant de sa vitalité.

          Pour mettre en lumière l'extravagance de la formule que l'on s'apprêterait à utiliser pour la qualification en 3e Division, il nous suffit simplement de vous indiquer que dans la Poule de Cinq dans laquelle nous étions incorporés en Championnat Honneur, quatre Clubs décrocheraient l'accession: le premier (BIZANOS) , le second (LEMBEYE) , le quatrième (EAUZE) et le cinquième (GABARRET) , le troisième (L'ASSOCIATION SPORTIVE BAYONNAISE) étant évincé bien qu'ayant terminé à égalité de points avec le second. Semblable élimination nous paraît totalement imméritée. Nous nous bornerons seulement à vous rappeler que notre Equipe Première n'a subi qu'une seule défaite en Cham­pionnat du Comité, en finale précisément.

          Dans sa Poule de cinq du Championnat Honneur, elle s'enorgueillit d'avoir marqué 8 essais, à savoir deux par rencontre, contre un seul pour l'ensemble de ses adversaires. En outre, notre Société a présenté cette saison, dans les différentes compétitions, quatre équipes de rugby, vivant témoignage de son activité, et nous avons eu la joie de voir, dimanche dernier, notre formation « cadets » se qualifier pour la finale de la Coupe Jean SUHAS.

          Tous ces motifs nous ont déterminés à faire appel à votre appui. Conscient de l'intérêt bienveillant que vous avez toujours manifesté pour les clubs de notre Comité, petits et grands, et nous vous serions très reconnaissant de bien vouloir accepter d'être l'avocat de notre cause auprès des instances fédérales.

          Nous vous en remercions bien vivement par avance, et vous prions de croire, Monsieur le Président, à l'assurance de nos plus distingués sentiments.

          Le Président: Charles DUCASSE. Le 1er mai 1969 nos cadets avaient la joie de jouer à Mourenx la finale de la Coupe Suhas contre les cadets de Bizanos et les dirigeants du Comité du Béarn nous donnaient des précisions qui nous rendaient pessimistes. Aussi nous nous permettions d'adresser le 12 mai une nouvelle lettre au Président Dassé.

Association Sportive Bayonnaise

12 mai 1969. Monsieur DASSE René,

Président du Comité de Côte Basque de Rugby, Rue G.Chaulet,

40 " DAX

Monsieur le Président,

          Après lecture de certains journaux et divers renseignements pris à la bonne source, nous avons l'honneur de vous demander de défendre, avec la dernière énergie, la position du Comité de Côte Basque lors de la réunion qui aura lieu à L VON prochainement.

          Nos droits sont tels qu'une position ferme et sportive ne peut être réfutée. En effet: Pourquoi le Comité de Côte Basque perdrait il une place en division supérieure, alors que certains Comités inscrits dans le même groupe ont eu, dans le récent championnat d'Honneur leurs équipes plus mal placées que celles de notre Comité? - Pourquoi, pour la première fois, dans l'histoire de la Fédération, désigner les candidats par une formule bâtarde qui aboutit à une absurdité sportive dont voici l'exemple, en ce qui nous concerne: Dans notre poule du Championnat d'Honneur:

1. BIZANOS 12 pts

2. LEMBEVE 8 pts

3. A.S.B. 8 pts + 10(placée 3e en vertu du règlement devant lequel nous nous inclinons)

4. EAUZE 7 pts (goal-avérage négatif)

5. GABARRET 5 pts - 45 pts.

          Ainsi quatre clubs seraient désignés dans notre poule, seul le nôtre (2e ex-aequo, vice champion de Côte Basque avec quatre équipes engagées dans les diverses compéti­tions et une place forte BAYONNE serait exclu).

          Mêmes anomalies dans les futures poules qui nous sont proposées où figurent des clubs classés bien derrière nous, en championnat de France et qui ne sont pas champions de leur Comité.

          Monsieur le Président, nous vous demandons avec in­sistance d'être l'Avocat d'une cause juste. La Fédération, issue du Congrès de Clermont Ferrand avait aboli les privilèges et le jeu de " la montée et de la descente" dans les divisions se gagnait sur les terrains. Nous demandons, en ce qui nous concerne, les mêmes droits. Veuillez croire, Monsieur le Président, à l'assurance de nos meilleurs sentiments.

Le Président:

Charles DUCASSE.

          Nous savons que M. Dassé a fait tout son possible pour défendre la position du Comité de Côte Basque mais nous pensons que personne n'a défendu le point de vue de notre club, puisque aussi bien, même si un seul club devait monter, ce ne pouvait être que l'A.S.B. qui avait gagné ce droit sur le terrain. Aussi nous avons adressé à tous les membres du Comité de Côte Bas­que la lettre ci-après:

Association Sportive Bayonnaise

 

Monsieur,

          Nous savions déjà que de très hauts personnages apprenaient parfois par les journaux certaines décisions importantes. Au moins savaient-ils par qui avaient été prises ces décisions. Sur un plan plus modeste, c'est par cette même voie que nous apprenons des décisions qui engagent l'avenir des clubs et du nôtre en particulier. Mais hélas! nous ne savons pas, par qui, quand, comment, selon quels critères a été établi un calendrier du Championnat de 3e Division.

          Nous savions bien qu'il était question d'un certain pro­jet BEDOURET. 128 clubs devaient disputer le Championnat de 3e Division, répartis en quatre secteurs géographiques de 32 clubs.

Le Comité de Côte Basque devait avec 5 clubs faire partie du Groupe C.

Côte d'Argent: 7 clubs,

Côte Basque: 5 clubs,

Béarn: 5 clubs,

Périgord Agenais: 7 clubs,

Charente Poitou: 4 clubs.

Armagnac Bigorre: 4 clubs.

A notre connaissance, le Comité n'a jamais été saisi de cette question, n'en a jamais délibéré, n'a jamais eu à émet­tre un avis sanctionné au besoin par un vote en c'as de partage des voix.

Peu à peu, la presse a publié des listes de clubs qui monteraient et les poules du Championnat Excellence 1969­1970.

          Qui discutait de ces classements, mandaté par qui, représentant qui voilà les questions auxquelles personne n'a encore pu répondre. Les choses semblant se préciser et les divers bruits entendus se recoupant, nous nous sommes émus et avons appris que le 3 MAI 1969, veille de la demi-finale, se tiendrait à BORDEAUX, une réunion qui discuterait de ces problèmes. Mais ce qui nous paraît grave c'est que le 1er MAI, nos cadets disputaient à MOURENX la finale de la Coupe Jean SUHAS contre les cadets de BIZANOS. Et les dirigeants béarnais, 48 heures avant la réunion de BORDEAUX, nous donnaient même la composition des poules du Championnat de France 3e Division.

          Qui donc tirait les ficelles? Qui à la Fédération détient % des pouvoirs tels qu'il peut agir selon son bon plaisir? Nous apprenions aussi que la Côte Basque n'aurait que 4 clubs au lieu de 5, le Périgord Agenais 5 au lieu de 7, la Charente Poitou 5 au lieu de 4, le Béarn 7 au lieu de 5, tandis que la Côte d'Argent et l'Armagnac Bigorre voyaient leur représentation inchangée.

          Qui donc décidait antidémocratiquement ? Selon quels critères encore une fois? Oubliait-on qu'un concours appelé Championnat de France Honneur venait de se dérouler et qu'un classement avait été établi? Pourquoi le Comité de Côte Basque perdrait-il une place, alors que ses équipes, l'A.S.B. et ANGLET confrontées avec les qualifiés de la Côte d'Argent s'étaient classées nettement devant VILLE­NEUVE-DE-MARSAN et GABARRET..

          Pourquoi le chiffre de 7 clubs en Côte d'Argent était-il maintenu? Ne serait-ce pas parce que M. BEDOURET occupe de très hautes fonctions dans ce Comité? Cela dénote une drôle de conception de la justice sportive, de la justice tout court et même de la plus élémentaire honnêteté! Nous nous élevons donc tout d'abord contre cette bri­made qui n'intéresse que le Comité de Côte Basque. Mais ce n'est pas tout! Nous ne savons pas davantage qui a désigné le 4e club de Côte Basque appelé à disputer le Championnat de 3e Division. Le Comité n'en a jamais discuté pour la bonne raison qu'il n'a jamais été saisi du problème. Nous pensons avoir des raisons sérieuses de prétendre à cette 4e place. Notre demande n'est dirigée contre personne. Nous voulons que chaque club qui peut être concerné expose son point de vue en même temps que sa candidature. Quant à nous, voici nos arguments:

          Tout d'abord, l'opinion de l'auteur du projet qui semble dans cette affaire faire la pluie et le beau temps. M. BE­DOURET écrivait le 13 FEVRIER 1969: '

          « A la suite de ma récente circulaire, j'ai été interrogé " par plusieurs Comités, sur l'ordre d'accession des clubs " d'Honneur, au départ de la nouvelle formule proposée.

          " Rien n'ayant encore été définitivement arrêté, je ne " puis vous donner que ma propre opinion. Il nous avait " semblé logique de laisser sur ce point, à chaque comité » différemment placé, une certaine autonomie quant à son » sens particulier de propagande régionale, mais il paraîtrait assez normal, en ce que cela rejoint, en partie les " normes antérieures, de déterminer cette accession:

          1°) Le classement qu'ils obtiendront dans les phases finales du Championnat d'Honneur fédéra

          2°) puis, ensuite, le cas échéant, prendre l'ordre de leur classement dans leur championnat régional. C'est, pour ma part, ce que je compte faire dans mon « Comité. ».

          Nous ne pourrions avoir, semble-t-il, meilleur avocat et cette solution sur le plan sportif nous paraît la seule accep­table. Mais encore! Nous avons été éliminés une première saison par BIZANOS après avoir fait match nul 9 à 9 sur terrain neutre. L'AS.B. ayant marqué 2 essais, 1 coup franc; BIZANOS : 2 coups francs, 1 drop. Eliminés par le goal-average de la poule et le règlement, nous nous sommes inclinés sportivement.

          L'année suivante, nous avons été éliminés par ASASP après avoir fait match nul 5 à 5 après prolongations. Là aus­si, le règlement était contre nous et nous nous sommes in­clinés. Deux saisons perdues, éliminés sans être battus!

          Nous en arrivons à la présente saison. Champions d'au­tomne invaincus! Champions d'hiver, seul club de Côte Basque invaincu!

          Invaincus en demi-finale battus en finale dans les prolongations 9 à 6 par trois coups francs contre deux essais. Nous jouons ensuite en poule de cinq du Championnat de France où nous nous classons de la façon suivante:

 

1. BIZANOS : 12 points (Champion de France)

2. LEMBEYE : 8 points + 15

3.A.S.B. : 8 points + 10

4. EAUZE: 7 points - 17

5. GABARRET, Champion de Côte d'Argent, 5 pts - 45.

           Nous avons reçu EAUZE, nous nous sommes déplacés à LEMBEYE et GABARRET, et nous avons rencontré BIZANOS sur terrain neutre.

          Nous avons marqué 2 essais à chaque équipe. En quatre matches seul LEMBEYE nous a marqué un essai. Donc 8 essais en notre faveur contre 1 seul. Si nous y ajoutons les demi-finales et finale de Côte Basque nous avons marqué 11 essais contre 1 seul.

          Ni le Champion de Côte Basque, ni le Champion de Côte d'Argent, ni le Champion de France n'ont pu franchir notre ligne de but!

         De notre poule de cinq, 4 clubs sont appelés à instrumenter en division supérieure, seule l'A.S.B., 2' à égalité avec LEMBEYE, ne « monte pas ».. C'est tout simplement aberrant.

          Cependant, 1 club de Côte Basque est appelé en 3e Division. Les trois clubs de Côte Basque qualifiés en championnat de France Honneur ont terminé dans l'ordre ci-après': 1. A.S.B.

2. ANGLET OLYMPIQUE

3. PUYOO.

          L'A.S.B. et ANGLET ont terminé dans les 48 premiers alors que PUYOO, 4' de sa poule, termine obligatoirement entre la 49' et la 64' place.

          Nous posons donc la question: Qui a désigné PUYOO ? Qui a été saisi de la question? Qui en a décidé? Qui était mandaté pour le faire et par qui? Il semble que le Comité de Côte Basque est seul qualifié pour désigner son représentant! La simple honnêteté voudrait que ce soit le club classé 1er. C'est l'avis de tous ceux qui, consultés, ont bien voulu nous donner leur avis: M. CHICOYE, tout d'abord, M. André MOGA ensuite, M. DELZANGLE, Secrétaire du Comité de Côte Basque qui a écrit à M. BEDOURET avant la réunion du 3 MAI à BORDEAUX, M. Bernard MARIE.

          Ne pas respecter le classement serait commettre une grave injustice mais cela créerait un dangereux précédent? De tout temps à jamais l'accession en division supérieure s'est opérée en fonction du classement du Championnat de France. Les 8 premiers du Championnat Honneur en 3e Division - les 8 premiers du Championnat 3' Division en 2' Division et les 8 premiers du Championnat 2' Division en 1re Division.

          Si pour des raisons de recette, de notoriété, on a pu parfois empêcher la descente de certains clubs, à notre connaissance, on n'a jamais vu faire monter le 17' ou le 25' ou le 39' d'un Championnat quand il n'y avait que 8 places. C'est ce que nous voyons aujourd'hui. Le club classé 33' ne monte pas, mais montent les clubs classés 48', 55', 66' ou 78'. Nous nous demandons comment les auteurs du pro jet après une telle gymnastique arrivent à retomber sur leurs pieds. Nous espérons que s'ils ont des responsabilités dans la vie civile, ils se conduisent autrement!

          Nous refusons donc de nous incliner devant le " fait du prince ". Nous voulons que chacun prenne ses responsabilités. Nous demandons un vote du Comité Directeur. Cela aura au moins le mérite de clarifier la situation et cela en gagera l'avenir.

La nouvelle Fédération issue du Congrès de CLERMONT­FERRAND avait aboli les privilèges et le jeu de la montée et de la descente dans les divisions se gagnait sur les terrains. Nous demandons en ce qui nous concerne les mêmes droits.

Nous terminerons, enfin, en rappelant que BAYONNE est une place forte du rugby et que notre club a présenté cette saison, dans les différentes compétitions, quatre équipes de rugby, vivant témoignage de son activité.

Dans l'espoir que grâce au Comité de Côte Basque, justice nous sera rendue, nous vous prions d'agréer, cher Monsieur, l'expression de nos sentiments distingués et dévoués, Pour le C.A. de l'AS.B.

Le Président,

Charles DUCASSE.

 

          Nous avons défendu de notre mieux le point de vue de notre club à l'Assemblée Générale du 21 juin 1969. Nous avons eu la satisfaction de voir qu'à l'unanimité tous les dirigeants présents à cette assemblée partageaient notre façon de voir. Pour tous il ne pouvait: y avoir qu'un seul critère pour la montée: le classe ment des clubs!

          Et pourtant! Toutes nos questions sont restées sans réponse! Nous avons donc écrit une dernière lettre à M. Ferrasse, Président de la Fédération Française de rugby.

 

Association Sportive Bayonnaise

 

25 juin 1969.

 

Monsieur FERRASSE,

Président de la Fédération Française de Rugby 32, avenue Jean-Jaurès,

47 - AGEN

 

          Monsieur le Président,

          J'ai l'honneur de vous communiquer, ci-joint, la lettre que l'A. S. BAYONNAISE a adressée à chaque membre du Comité de Côte Basque avant l'Assemblée Générale du 21­6-69. Toutes les questions posées sont restées sans réponse. Nous avons eu, cependant. la satisfaction de voir notre point de vue partagé par l'unanimité de l'Assemblée GénéraIe. Je m'adresse donc à vous que je considère comme responsable de cette cuisine nauséabonde, puisque vous êtes hiérarchiquement le premier personnage de la Fédération Française de Rugby. Je suis d'autant plus surpris que vous m'avez été dépeint comme ayant de la personnalité et que j'ai pu lire dans le Bulletin mensuel du Comité Régional de la Côte Basque, page 5 :

           « M. DASSE qui, à la suite de la lettre adressée par l'ASSOCIATION SPORTIVEBAYONNAISE à la F.F.R., s'est entretenu du projet BEDOURET avec le Président FERRASSE, avait reçu la promesse formelle de ce dernier qu'il veillerait particulièrement et personnellement à la répartition des clubs qui ne seraient pas automatiquement qualifiés (16 places à affecter), de façon à ce que cette répartition soit la plus équitable possible. »

          Dans ma lettre aux membres du Comité, je cite des faits et des chiffres précis." Si c'est ce que vous appelez une répartition équitable, je crois qu'il est heureux que le Conseil constitutionnel proclame les résultats de l'élection du Président de la République parce qu'à la sauce BEDOURET, nous aurions comme Président M. KRIVINE ou M. DU CATEL.

          Je ne puis que constater avec amertume qu'à mon âge, j'ai la naïveté d'un gamin de 8 ans. J'avais cru comprendre que la nouvelle équipe qui a pris en mains les destinées de la F.F.R. était venue pour faire toute autre chose que des brimades, des injustices, du favoritisme, la politique des petits copains et encore tous ces mots traduisent-ils faible­ment ce que je pense.

          Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expres­sion de mes sentiments dévoués.

DUCASSE Charles,

Président de l'Association Sportive Bayonnaise.

 

          Comme les autres cette lettre est restée sans ré­ponse. Il faut donc croire qu'il y a des personnes qui ne se sentent pas très à l'aise dans cette affaire. Inca­pables de justifier leur position, ils préfèrent se réfugier dans l'anonymat! Le " Fait du Prince" c'est telle ment plus simple! Chers amis, nous saurons un jour la vérité et les auteurs de ce "Coup dé Jarnac" auront bonne mine!

          Pour l'instant pensons à la saison 1969-1970. Portons bien haut les couleurs de notre club, les couleurs de l'amitié! Montrons à tous que nous étions dignes de la division supérieure ! Gagnons enfin, SUR LE TERRAIN, cette place dont on nous a si injustement écartés!

          Pour ma part, je fais entièrement confiance à tous mes amis, dirigeants, entraîneurs et joueurs ! Vive l'AS.B. !

 

Le Président: Charles DUCASSE.