Projet de réforme du Championnat de Troisième Division
 
 

(Article paru dans RUGBY du 27 Juillet 1969)

M. Bedouret donne une explication très détaillée des conditions de l'établissement du projet de Championnat de Troisième Division dont il a déjà informé les Membres du Comité Directeur par circulaires complètes.

Le Président indique qu'on doit dissocier dans l'étude de ce projet la question financière et la question sportive.

M. Dassé, après avoir donné lecture d'une lettre de l'A.S. Bayonnaise, tient à préciser sa position. Selon lui, le droit à la montée ou à la descente se gagne sur le terrain. Le classement des clubs doit intervenir en fonction de leur résultat sportif qui doit être le seul critère qu'une Fédération doit retenir.

Il s'élève contre ce qui lui paraît être des choix et des privilèges dont le Congrès de Clermont-Ferrand a voulu l'a­bolition.

Le Président rappelle à M. Dassé qu'il a autant que lui et peut-être davantage le souci de l'équité sportive et que c'est seulement de cette dernière qu'il a demandé à M. Bédouret de s'inspirer pour l'établissement de son projet.

Il demande à M. Bedouret de vouloir bien donner quelques précisions complémentaires sur ce dernier. Antérieurement à la réponse de M. Bèdouret, M. Balandrade, après avoir rendu hommage au travail fait par la Com mission des Epreuves Fédérales, indique qu'il a un ou deux points de vue à émettre.

Il estime que le choix du nombre de clubs dans des secteurs déterminés ne correspond pas toujours à la justice sportive. Il pense que l'histoire des secteurs n'apporte pas grand chose. Il pense qu'il conviendrait de faire des Poules géographiques, par exemple, établir un calendrier de 16 Pou les géographiques avec montée qualifiant 4 clubs par Poule avec 32e, 16e, 8e et quarts de finale, les 8 premiers montant dans la série, le seul problème étant la répartition des 16 clubs.

M. Teulière intervient pour préciser que M. Balandrade avait dit l'essentiel de ce qu'il voulait déclarer. Il indique les regrets de son Comité de ne pas pouvoir bénéficier d'un club pour la montée en Troisième Division.

M. Bouvier précise que dans le projet Bedouret, le danger est de voir un Comité riche par sa valeur sportive, gri­gnoter tout le potentiel sportif des Comités voisins. Il donne l'exemple des Alpes par rapport au Comité du Lyonnais. Le Président donne raison à M. Bouvier de la réalité de ses craintes qui sont en opposition avec les déclarations de ses prédécesseurs, ce qui prouve que toutes les idées sont bonnes. Il demande au Président Bedouret de répondre aux diverses objections.

M. Bedouret indique d'abord qu'il s'agit de faire bénéficier les Comités de 48 clubs supplémentaires, ceci est fait dans un souci de propagande, pour permettre à des Comités déshérités de bénéficier de l'avantage d'une montée en Troi­sième Division. C'est dans cet esprit que doit être examinée la répartition par secteur de ces différents clubs.

Il est parfaitement d'accord pour reconnaître que le système est imparfait, mais il demande que l'on veuille bien reconnaître l'effort qu'il représente.

M. Bedouret répond à M. Dassé sur le cas particulier de la Côte Basque soumis par ce dernier, il lui précise que le Comité de Côte Basque n'a pas eu de club descendant de Deuxième Division, pas de club montant de Division d'Honneur, mais qu'il bénéficie quand même de l'octroi d'un club sur le plan de propagande, alors que, antérieurement au pro­jet, il ne bénéficiait que de 3 clubs. Eh ce qui concerne la désignation de ce club, la décision appartient au Comité régional de Côte Basque.

M. Dassé reconnaît la véracité des indications données par M. Bedouret mais fait ressortir la difficulté pour un Président de Comité de respecter l'équité sportive dans la désignation de ce club.

Le Président souligne que cette désignation appartient non pas à la Fédération, mais au Comité.

 

M. Bedouret indique qu'il faut écarter les cas d'espèce de manière à bien comprendre l'esprit du projet.

Le Président souligne qu'il n'y a en la matière, aucun esprit de combinaison, la seule question est de savoir si l'on veut faire du rugby un sport régional ou un sport na­tional. Selon lui, le rugby a pris une évolution importante et si l'on ne se penche pas sur les mesures à étudier pour le maintien de son développement, dans un temps très court, 95 % des clubs se situant au Nord de la Loire auront dis­paru.

Il fait connaître qu'il a en sa possession des lettres émanant de Cherbourg et de Saint Etienne qui aspirent à avoir la possibilité de monter en 3e Division et qui cepen­dant ne pourront pas bénéficier de cet avantage; il demande aux Membres du Comité Directeur d'élever les débats et de choisir en faveur d'un système qui permettrait le développement du rugby.

M. Dassé confirme son accord avec l'opinion du Prési­dent sur l'esprit général, mais il affirme sa préférence pour le classement sur le choix.­

M. Couadou pense qu'on peut obtenir la montée de clubs en ,3e Division à la suite de rencontres région par région, ce qui permettrait l'interpénétration en laissant toute latitude pour arranger certaines discordances.

M. Beheregaray donne son accord sur le nombre de 48 clubs, précisant que pour 32 d'entre eux, la 'Propagande n'en tre pas en ligne de compte, la difficulté restant dans le choix des 16 clubs. Il estime que la répartition de ces derniers pourrait en être effectuée au prorata des clubs appartenant aux Comités qui font partie du secteur.

Le Président précise que ce projet qui, après une étude préalable, a subi des modifications, a été discuté en Bureau et soumis à l'avis des Secrétaires généraux des Comités lors de la réunion de Paris. Il s'étonne de la discordance de certains avis au regard de celui des Secrétaires généraux des Comités.

Le Président ajoute que les membres du Comité Directeur sont en présence d'un projet établi dans un légitime souci de propagande et il leur demande de prendre position. M. Moga indique à M. Dassé que selon lui, le choix du club du Comité de Côte Basque appartient au Président de ce Comité.

Le Président déclare que si le Comité estime que le projet est mal fait, il convient d'en arrêter la discussion et de procéder comme l'an passé.

M. Dassé explique qu'il est d'accord sur le projet, mais qu'il eût préféré qu'on retienne le classement au lieu du choix. ­

Le Président termine en indiquant qu'il constate que tout le monde est d'accord sur le principe, il sait que le système n'est pas parfait, que le souci de propagande qui a présidé à cette mise sur pied est tout à fait valable et qu'il est nécessaire de permettre aux clubs du Nord de la Loire de participer à l'extension du rugby.

Il demande à ses collègues de ne pas oublier qu'au dessus de leurs clubs et de leurs Comités, ils appartiennent à la F.F.R., ce qui les oblige à dépasser les points de vue strictement personnels des Présidents de clubs ou Présidents de Comité.

Il indique, que le droit au Championnat de 3e Division est sur invitation et qu'il n'y a pas obligation d'y participer. MM. Teulière et Balandrade confirment que,les remarques qu'ils peuvent faire sont inspirées du seul souci de tenir au courant le Président et les membres du "Comité Di recteur des critiques qui peuvent être formulées au sujet des projets de la Fédération. M. Balandrade, précise qu'il est d'accord sur la division en secteurs.

Le Président ajoute qu'un effort important a été accompli dans le sens des contacts et de l'information et il demande à ses collègues s'ils sont d'accord pour entériner ré projet sportif pris par M. Bedouret.

Le projet mis aux voix est adopté à l'unanimité.